Entretien avril 2009

Presque 3 ans après « Modified Reality » son second album fascinant par le caractère foisonnant et très diversifié de ce disque, Il était intéressant de rencontrer Franck Balestracci ce grand façonneur et concepteur d’images sonores pour avoir entre autres les dernières explications sur le projet qui l’occupe et dont il dessine encore actuellement les ultimes contours, un échange de mots avec cet artiste captivant qui explore plus que jamais des univers sonores hors des sentiers balisés devenait simplement évident !

Pour tous ceux qui ne vous connaissent pas encore  pouvez-vous retracer votre itinéraire musical.

J’ai commencé en tant que musicien par la batterie vers l’age de 14, 15 ans, j’ai participé en tant que batteur à différents types de projets, j’ai fait des tas de choses intéressantes et d’autres moins palpitantes, pour aboutir rapidement dans des formations musicales plus expérimentales, des découvertes musicales et humaines qui m’ont beaucoup enrichi et naturellement conduit dans des directions que je souhaitais explorer; tels que le Jazz, la Fusion des seventies, les musiques nouvelles etc. Puis le désir de faire des choses personnelles m’a amené à m’intéresser aux claviers que j’ai commencer à travaillé en autodidacte vers le milieu des années 80, pour développer dans les années 90 les premiers enregistrements qui me satisfaisaient grâce aux moyens technologiques le « home studio » permettant de créer sans contrainte chez soi, de plus comme à cette époque les difficultés pour se produire sur scène étaient très perceptibles, (pour moi du moins) j’ai pris le parti de faire des créations en solitaire, quand j’ai eu suffisamment de matière musicale j’ai contacté deux personnes, Chris Cutler d’abord de Recommended records qui a été très intéressé par mes travaux  mais qui était dans l’impossibilité à cette époque de produire avant un laps de temps de plusieurs  mois, et immédiatement après j’ai eu également un excellent contact avec à l’époque Guy Segers et Alan Ward producteurs du label Carbon 7 qui ont décider de produire l’album « Existences Invisibles » J’étais ravi de travailler avec des gens comme eux puisqu’ils étaient pour moi avant d’être des producteurs les ex musiciens d’Univers Zero groupe qui a énormément compté dans mon évolution musicale, voila… je crois qu’à partir de la vous connaissez la suite !

Après Modified Reality votre précédent album paru en 2006, trois ans se sont écoulés… Combien de temps encore allons nous attendre votre prochain disque ?

Il y a eu effectivement beaucoup de retard, indépendant de ma volonté… j’ai eu quelques ennuis de santé qui m’ont contraint à prendre de la distance pendant plusieurs mois avec mes projets discographiques…. Maintenant les choses avancent à nouveau et je serais je pense en mesure d’ici la fin de l’année de présenter un nouveau disque mais regrettablement pas chez Carbon 7, un autre problème est venu s’ajouter entre temps… le label Carbon 7 a malheureusement fermé ses portes…. Beaucoup trop de contraintes dues à la conjoncture mais sûrement pas de la faute de mon ami Guy Segers (ndlr. Principal manager du label Carbon7) qui a vraiment tout fait pour maintenir le bateau dans la tempête, Guy est quelqu’un de rare dans la profession, rare dans le sens d’exceptionnel, il s’investi corps et âmes dans tous les projets qu’il produit, un homme passionné et passionnant ! Mais il faut dire que les petits labels ces derniers temps ont tous été frappés par tout un ensemble de problèmes…. En fait plus ou moins toute l'industrie du disque est en crise. Donc, je suis en quête d’un nouveau label, il y a des idées et des contacts pris par Guy d’ailleurs qui n’abandonne pas comme ça ses protégés, (rire)

J’ai pu écouter de larges extraits de ce que sera votre prochain opus, et je trouve que comme vos précédents disques vous avez alterné les climats et les ambiances d’une façon réussie vous poursuivez tout en évoluant dans un mélange des genres, toutefois n’avez-vous pas peur de surprendre vos auditeurs qui vont trouver cote à cote des morceaux assez expérimentaux mélangés avec des titres plus mélodieux.

Je dirais que c’est un peu l’intérêt du disque, j’ai essayé effectivement de faire cohabiter différentes matières sonores, le processus avait déjà été développé dans mon précèdent disque « Modified Reality » ou des morceaux plus expérimentaux étaient  la comme des balises, des temps de respirations qui venaient s’intercaler entre les autres morceaux du disque, le fait est que presque logiquement ma démarche c’est poursuivi dans cet esprit avec ce nouveau projet, ceci dit le thème central de mes préoccupations musicales est sensiblement toujours le même, en quête d'exploration et en perpétuelle mutation,  j’aspire toujours à essayer de transcrire avec des sons une réalité contemporaine avec tout ce que peut distiller le monde dans lequel nous vivons, certaines compositions ne cherchent pas à dépayser l’auditeur mais plutôt l’incite à prendre conscience de la noirceur de certains événements qui nous concernent tous, mais il y a aussi des contrées plus poétiques ou je propose des ambiances méditatives et mélodieuses.

Vous venez de dire que votre musique dépeint par certain coté le monde actuel, Comment dissociez vous votre activité musicale des événements souvent bouleversants de la vie ?

Dans le monde chaque jour apporte son lot de drames et autres bouleversements, tout cela est ressenti émotionnellement et fini parfois par transparaître dans la musique, lorsque une idée de composition se matérialise dans ma tête, il y a quelques fois un lien avec ce tourbillon quotidien,  toutes ces émotions sont palpables à moins d’être ermite nous sommes tous les témoins de notre temps avec son flot d’actualité, et l’histoire collective fini par devenir individuelle… 

Toujours à propos de ce futur album vous n’avez pas mentionné son titre ?

Oui pour la bonne et simple raison que je n’ai pas encore choisi le titre définitif, mais je peux toutefois en avancer un « Sensory soundtrack » qui pour l’instant reflète le mieux l’esprit général de ce disque…. A moins d’un changement de dernière minute…

Vos créations demandent beaucoup de travail à la fois dans le domaine instrumental mais aussi énormément dans ce que j’appellerais l’habillage de vos compositions, il y a toujours l’emploi novateur de l'électronique avec des sonorités dissonantes mais pas dérangeantes, et puis l’ajout de toutes ces ambiances sonores  « bruitiste » qui est tout a fait remarquable et fascinant, un véritable travail d’orfèvre,  comment procédez vous pour réaliser cet ensemble si réussi.

C’est vrai que cela demande beaucoup de travail, (rire) pour chacune des compositions il y a une atmosphère spécifique, une fois le morceau terminé d’un point de vue instrumental, c.a.d. la configuration habituelle que j’utilise, les  claviers ainsi que tout un ensemble de percussions et la batterie, je finalise ensuite avec plusieurs effets sonores que je traite et qui sont un mélange de bruits captés dans nos sociétés modernes, qui une fois modifiés sont ajoutés pour obtenir une ambiance spécifique, c’est pourquoi chaque idiome sonore est transformé avec des effets pour devenir un élément qui s'intègre et met en valeur un passage dans une composition et je fais de même pour chacun des morceaux

Toujours pas de projets scéniques ?

Non malheureusement pas dans l’immédiat toujours aucune perspective permettant de jouer cela en live, mais j’espère dans un futur que je souhaite proche pouvoir de toute façon refaire des concerts, c’est un besoin qui est tellement naturel, j’adore le travail de laboratoire qui me permet de réaliser mes idées musicales, mais forcement il y a toujours un moment ou on est désireux de proposer tout cela directement à un public, j’ai hâte de retrouver cette ambiance scénique !

Votre filiation musicale a toujours été très proche de l’esprit « Rock in Opposition » Vous vous réclamez de certains musiciens ayant crée ce concept, tel qu’Univers Zero ou encore Chris Cutler avec Henry cow, qu’en est il aujourd’hui, vous sentez vous toujours proche de cet esprit musical ?

Oui absolument, même si beaucoup de choses ont évolué depuis cette époque, je suis toujours attiré par ces musiciens parce qu’ils n’ont jamais cessé de progresser et de développer des idées musicales riches et passionnantes, d’ailleurs à ce sujet sous l’impulsion de Roger Trigaux du groupe Present le R.I.O. festival continue aujourd’hui notamment grâce à lui !

Ces dernières années, vous avez également manifesté un grand intérêt pour les musiques de films, pouvez-vous revenir sur cette évolution ?

J’ai toujours eu dans l’élaboration de ma musique cet intérêt pour le visuel, c’est réellement intéressant et passionnant de proposer une ambiance sonore pour mettre en valeur des images, j’ai à ce sujet des contacts et des projets très sympathiques avec quelques vidéastes et autres réalisateurs rencontrés sur le net dont les travaux m’ont beaucoup séduit,  je pense et espère dans quelques temps pouvoir collaborer avec quelques uns d’entre eux.

Toujours à propos d’images vous réalisez également beaucoup de travaux photos des collages et autres expérimentations visuelles, ( Voir à ce sujet l'espace visuel de Franck dans myspace http://www.myspace.com/digitalcollages ) à travers ces créations le public a un éclaircissement de plus sur votre concept artistique.

Oui ma seconde passion après la musique (les deux se confondent d’ailleurs), c’est les travaux graphiques liés à la photo, mes collages photos sont un peu le prolongement de mon travail musical, J’essaye de proposer une certaine idée de l’existence humaine à travers des clichés qui après diverses manipulations deviennent des entités abstraites mais non dénuées d’âmes, j’aime cette modification de la réalité cette mouvance ce glissement progressif de la perception visuelle qui se dégrade se transforme, souvent ce qui est essentiel est invisible à l'oeil.

En dehors de votre activité discographique actuelle y a-t-il d’autres occupations que vous avez réalisées ou crées ces derniers temps.

J’ai participé à une aventure tout à fait originale et vraiment intéressante imaginée et conçue par le compositeur Alain Joule, voila encore un artiste réellement passionnant et passionné ! il m’a invité à participer à un rituel de Téléportation poétique composite,  cette partition des solitudes est une création qui se joue à un moment défini reliant plusieurs artistes à travers le globe qui vibratoirement sont connectés dans ce rituel télépoétique, la prochaine temporalité aura lieu début mai, toutes les infos à ce sujet sur le site de Alain Joule  http://alainjoule.com/

Comme vous le disiez en début d’interview votre premier instrument est et reste la batterie, vous êtes d’ailleurs reconnu à juste titre comme un batteur et un rythmicien vraiment très inventif avec le foisonnement d’une technique très élaborée, comment se situe la batterie dans l’organisation de vos compositions.

Oui la batterie reste toujours pour moi l’instrument qui a été ma première passion, même si je ne joue pas autant de cet instrument actuellement je suis toujours en harmonie avec ! pour ce qui est de l’intégration des percussions dans ma musique,  en fait cela dépend, sur certain morceaux la batterie est directrice dans l’élaboration et le développement d’une idée musicale et d’autres fois elle est ajoutée d’une manière plus minimale et sporadique, La musique est presque constamment associée aux rythmes mais parfois le rythme de la batterie est remplacé par un autre instrument, je ne me pause pas la question au moment ou j’imagine une compo, je ne pense pas spécialement une nouvelle musique en pensant systématiquement batterie, mais mon esprit de batteur c’est vrai n’est jamais loin,

Cela rappelle d’une certaine façon les propos de Christian Vander, que vous admirez toujours je crois ?

Oui Christian a été pour beaucoup de gens un élément déclencheur, cela fut le cas pour moi, après l’avoir vu sur scène pour le première fois, j’ai su une fois le concert terminé que ce batteur et cette musique me poursuivraient pendant longtemps, en fait après toutes ces années je suis toujours en connexion avec lui et sa musique, il a tant apporté a la musique en France et ailleurs et généré un état d’esprit fantastique chez les musiciens.

Y a t’il quelques chose de particulier qui vous enchante dans ce monde désenchanté que vous dépeigniez si bien à travers vos musiques!

Beaucoup de choses m’enchantent dans ce monde malgré le désenchantement ambiant, il y a entre autre une chose qui m’apporte beaucoup de joies, mon petit filleul Andy qui à seulement 2 ans joue déjà de la batterie avec une telle assurance et une énergie qui ferait pâlir bien des étudiants dans ce domaine… Il est sincèrement impressionnant pour son age, il a vraiment le feu sacré ce petit bonhomme, je suis sur que l’avenir le dira, la relève est assurée ! 

Propos recueillis par J. Ranca  Musiques d'Ailleurs Avril 2009

 

Entretien Mai 2002

 - Comment Franck Balestracci vous définissez-vous ?

Je suis un musicien un peu à l'écart des modes, je fait partie de la famille des artistes qui sont un peu marginalisés, comme certains autres compositeurs je ne suis rattaché à aucun mouvement défini je ne suis ni Jazz ni Rock ni Classique pourtant quelque part ma musique s'apparente à ces styles précités mais ceci dit je n'entre dans aucune catégorie précise, mes compositions répondent toutes à un besoin sincère d'exprimer les choses telles que je les ressens. Ma démarche en tant que musicien, en tant qu'être humain est de mettre en images sonores notre environnement, en allant au-delà du descriptif vers l'imagerie onirique. La musique est pour moi un dialogue ininterrompu entre la réalité, et la modification de cette réalité. Ma proposition musicale est un itinéraire, une invitation dans ma perception du monde, mon rapport aux choses, aux êtres etc. Ma musique n'engage que moi, elle est personnelle et à la fois elle se situe quelque part dans l'inconscient collectif, faisant ressurgir à la surface toutes ces énigmes qui bouleversent les structures de notre civilisation, toutes ces interrogations qu'il nous faudra résoudre et qui pour moi sont sources d'inspiration.      

 

- Vous utilisez toute la technologie M.I.D.I. les synthétiseurs est-ce un choix ? 

 

Oui absolument, la complexité croissante de ma musique à nécessité le développement d'une pratique de ces nouvelles technologies c'est le moyen le plus approprié pour mon travail. Ce qui est intéressant avec le synthé c'est que chacun peut créer un champ de perspectives qui lui est propre, le matériel que j'emploi me permet également d'échantillonner des choses personnelles que je peux façonner comme je l'entend, il m'est donc possible d'établir un équilibre entre les sons synthétiques et les sons acoustiques, étant batteur et percussionniste de formation, j'ai toujours une exigence pour les sons naturels. Je suis simplement quelqu'un qui utilise en partie la technologie qui est mise à notre disposition, si je n'avais pas ces moyens il me serait impossible de réaliser mes compositions en solo.

 

- Comment justement procédez-vous pour composer, interpréter, et enregistrer vos compositions ? 

 

La musique naît toujours d'une manière spontanée le plus souvent aux claviers, mais également à la batterie, jamais par le biais de l'écriture, je suis un musicien instinctif. Pour ce qui est de ma manière de travailler, j'enregistre piste après piste en technique "overdubs" par contre, toutes les parties musicales sont jouées en temps réel, je n'utilise aucune programmation. Une fois que l'armature du morceau est aboutie et que les parties de batterie et percussions sont enregistrées je passe aux traitements sonores, c'est à ce moment que je fais intervenir des effets samplés, des bruitages, un tas de choses extra musicales que je dispose et que j'agrémente aux différents endroits que j'ai défini à l'avance, et qui parachèvent complètement mes compositions. 

 

- Il y a effectivement dans votre musique beaucoup de choses extra musicales, bruitages, effets, qu'elle à été la motivation, la démarche qui vous a dirigé dans cet environnement sonore.

 

J'ai voulu traduire les rumeurs et les échos de la vie, avoir la ville comme partition sonore, comme je le disait à l'instant, les nouvelles technologies sont capables d'étendre les possibilités d'expression dans le domaine musical, c'est pourquoi j'ai mêlé aux sons habituellement employés c'est à dire synthétiseurs et percussions, des événements sonores de la vie, de la ville, que j'ai redéfini, remodelés, et enfin superposés aux éléments classiques de la composition, je cherche à créer un parallèle entre la musique et la vie, je suis citoyen du monde quelqu'un qui se déplace, qui écoute; c'est la mémoire des choses que j'ai vécu dans cette vie et peut être dans d'autres antérieures qui ressurgi et qui devient un témoignage, un parcours musical filmique.

 

- Hormis les ambiances extra musicales, l'ensemble des sonorités est plutôt électrique ? 

 

Effectivement, pour ce qui est de la forme musicale dans son ensemble mon instrumentation est électrique, le son est dans l'esprit d'un contexte Rock au sens large, vraiment large. 

 

- Vous êtes sur le point de terminer un C.D. qui à pour titre " Existences Invisibles " pourquoi ce titre ? vous pouvez nous en dire un peu plus. 

 

Le musicien, son Art consiste à animer ce qui ne l'est pas, ou du moins donner vie à des entités " invisibles " comme je les appelle, qui se matérialisent en l'occurrence par des sons, des ambiances. Les Existences invisibles peuvent être apparentées à des perceptions, des observations réelles ou irréelles, des sensations, elles sont finalement des projections de films mentaux, des émanations de notre quotidien, avec un supplément de mystère, qui lui reste insondable. Chacun des morceaux est un fil conducteur pour le suivant et, à la fois il à son existence propre, indépendante, se sont comme je le disait à l'instant des parcours musicaux filmiques, des récits cinématographiques, des successions de scènes différentes qui convergent toutes vers l'unité centrale du synopsis, enfin pour moi du moins. Les ailes du désir le film de Wenders, a eu sur moi un impact il m'en reste l'écho, le regard de ces deux " anges " sur les êtres humains déambulant de par notre vaste monde, c'est aussi cela que j'ai essayé de traduire, de mettre en musique.

 

- Quelles sont vos influences, vos sources d'inspiration. 

 

J'ai plusieurs sources d'inspiration la musique bien sûr, mais pas seulement ; Tout ce qui est originalement créatif dans le domaine artistique m'enrichi. Pour ce qui est de la musique, j'ai en moi l'empreinte indélébile des groupes progressifs des seventies, ainsi que les groupes et musiciens plus obscurs de la scène des musiques nouvelles (R.I.O.) tels qu' Henry Cow, Univers Zéro, Présent, et puis bien sur Magma, Christian Vander à été un catalyseur pour beaucoup, il n'est pas seulement le batteur exceptionnel que l'on connaît , c'est aussi un compositeur génial. Sinon pèle mêle, j'affectionne les Ragas indiens, les répétitifs comme Steve Reich; Barre Phillips pour l'ensemble de son oeuvre, pour les Classiques Bartok, l'école de Vienne avec une préférence pour Webern, en Jazz Coltrane est allé vraiment loin, vraiment haut devrai-je dire, je pourrai en citer encore beaucoup. 

 

- Vous considérez-vous comme un musicien expérimental, c'est à dire recherchant la nouveauté à travers différentes formes musicales.

 

Je compose et joue ce que je ressens, je n'ai pas l'impression de faire quelque chose d'expérimental, je sélectionne ce qui doit être présenté afin de garantir une qualité esthétique vivante, c'est toujours quelque chose que j'ai jugé au préalable apte à être écouté par l'auditeur. Une chose est importante, je préfère susciter son imaginaire plutôt qu'une consommation intellectuelle rigide, Lorsque par exemple je travaille pour une musique de film j'essaye de conserver mon originalité tout en adaptant ma musique aux diverses ambiances d'un film. La plupart du temps les travaux expérimentaux son dépourvus de communications, hors je veux communiquer.

 

- Vous avez depuis quelques années abandonné la scène en tant que batteur, pourquoi ?


Oui c'est exact, mais je n'ai pas délaissé pour autant la batterie, j'ai simplement cessé de jouer dans des groupes permanents, il faut savoir qu'à l'heure actuelle un musicien qui propose quelque chose qui est un petit peu évolutif par rapport à ce qui se fait éprouve de grandes difficultés pour s'en sortir, cela dit je ne baisse pas les bras, une porte se ferme une autre s'ouvre en travaillant aujourd'hui en tant que compositeur dans le milieu du cinéma je réalise un vieux rêve.

 

- Vous avez donc été sollicité par des représentants d'autres genres artistiques tels que cinéastes, chorégraphes ou autres.

 

Tout à fait, des contacts ce sont noués qui ont abouti, je travaille sur différents projets pour le réalisateur Jean Claude Francolon, Francolon est le fondateur de l'agence Gamma un photographe qui à couvert beaucoup de conflits à travers le monde depuis bon nombre d'années un sacré bonhomme, c'est un ami commun Jean Verame pour ne pas le nommer qui nous à mis en contact, Jean Claude Francolon débutait le tournage de "Roller Queen" et, l'aventure à commencée, je compose actuellement la musique de son dernier film qui à pour titre " Strada Maestra " un thriller plutôt angoissant. Je suis bien évidement passionné par ce genre de propositions, que ce soit le cinéma bien sûr, mais aussi la danse, le théâtre ou toutes autres formes culturelles liées au visuel, il est vrai que ma musique si prête assez bien. J'ai par le passé déjà eu la chance de travailler dans ce contexte pour les différents films sur le peintre des Déserts Jean Verame ce fut vraiment très inspirant, et ça l'est toujours du reste.

 

- Quels sont vos projets, vos espoirs ?

 

Tout d'abord poursuivre mes activités dans le domaine de l'image, après la musique du film précédemment cité il y à deux autres longs métrages en chantier qui attendent de voir le jour. Egalement promouvoir un CD de compositions personnelles qui est presque terminé dont nous parlions à l'instant qui à pour titre " Existences invisibles " ainsi qu'un contact avec la chorégraphe Américaine Karole Armitage que je souhaite voir ce manifester, cela pourrai déboucher sur une musique de Ballet, voila, j'espère tout simplement voir aboutir ces différents travaux qui me tiennent tous à cœur.

 

Propos recueillis le 26 Mai 2002 par Mat Constant ( Fnac Music A )

 

© Franck Balestracci 2002 2006 copyright tous droits réserv

 

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